Andry RAJOELINA - Président République Madagascar.wav
Mesdames et messieurs les parlementaires, madame la présidente de la région Réunion, monsieur le secrétaire général de la commission de l'océan Indien, mesdames et messieurs les chefs de mission diplomatique et consulaire, mesdames et messieurs les représentants des partenaires techniques et financiers, mesdames et messieurs les gouverneurs de région, monsieur le président des syndicats des industries, mesdames et messieurs les membres du gouvernement, mesdames et messieurs les chefs d'entreprise et représentants du secteur privé, monsieur le président du syndicat des industries de Madagascar, distingués invités, c'est avec joie et fierté que je me retrouve parmi vous aujourd'hui à cette cérémonie officielle d'ouverture du premier sommet des chefs d'entreprise de l'océan Indien, qui marque également le 65e anniversaire du syndicat des industries de Madagascar.
Je tenais à être présent aujourd'hui pour marquer mon attachement au rôle du secteur privé dans le développement de notre région. Ce rendez-vous de haut niveau, qui rassemble plus de 300 chefs d'entreprise, capitaines d'industrie et acteurs économiques de la zone océan Indien, témoigne de notre volonté collective de consolider la prospérité de notre économie régionale. L'industrialisation comme moteur de transformation économique est un sujet qui me tient particulièrement à cœur.
C'est d'ailleurs l'un des trois piliers fondamentaux de la politique générale de l'État. Je salue l'initiative du syndicat des industries de Madagascar d'avoir créé cette plateforme de dialogue stratégique visant à créer des opportunités d'investissement pour promouvoir le développement de la région à travers des axes stratégiques de collaboration. Je suis convaincu que l'industrialisation est la clé du développement économique de nos pays.
Les investissements créent des emplois, contribuent à la croissance économique et augmentent ainsi le PIB national. À Madagascar, notre ambition est de produire et transformer localement tout ce dont la population a besoin, tout en développant des produits destinés à l'exportation vers les marchés régionaux. À ce titre, nous avons initié des réformes importantes avec des mesures incitatives afin d'attirer les investissements dans les secteurs prioritaires.
Nous avons également fait de la transformation agricole de Madagascar un objectif national. Actuellement, Madagascar est le troisième plus grand producteur de riz du continent africain, après le Nigeria et l'Égypte. Avec nos 36 millions d'hectares de terres arables, nous nous donnons pour défi de devenir le grenier agricole du continent africain pour contribuer à l'autonomie alimentaire de notre région.
Pour atteindre cet objectif ambitieux, nous allons améliorer la productivité rizicole en augmentant le rendement à l'hectare. Nous passerons de 3 tonnes à 12 tonnes à l'hectare grâce à la modernisation des pratiques agricoles, à la mécanisation de la chaîne de production et à l'utilisation de semences hybrides améliorées. Je suis personnellement engagé dans cette réforme agricole pour améliorer le quotidien de la population.
Comme je le dis souvent : « Un bon père de famille est celui qui sait nourrir sa famille, et un bon président est celui qui sait nourrir sa population. » Je vous le dis et le redis : je serai un bon président pour nourrir le peuple malgache. Il est inconcevable qu'aujourd'hui, avec les potentialités que nous possédons, l'île Maurice importe encore du maïs d'Argentine.
Il est également regrettable que La Réunion et les Seychelles importent des fruits et légumes d'Espagne, et que l'ensemble de nos pays importent encore du sucre du Brésil. À Madagascar, nous disposons de 2 000 kilomètres de côtes sur la façade Est pour produire, cultiver et transformer ces produits. Notre région regorge d'un énorme potentiel et de ressources naturelles abondantes.
Nos cinq pays de l'océan Indien représentent 18 % de la superficie du continent africain. Madagascar possède une superficie terrestre de 587 000 kilomètres carrés, avec une zone économique exclusive de 1 200 000 kilomètres carrés. L'île Maurice, quant à elle, a une superficie terrestre de 2 040 kilomètres carrés, mais dispose d'une zone économique exclusive de 2,3 millions de kilomètres carrés — soit 1 227 fois sa superficie terrestre.
Les Seychelles, avec seulement 459 kilomètres carrés de surface terrestre, disposent de 1 300 000 kilomètres carrés en zone économique exclusive. Les Comores possèdent une superficie terrestre de 2 235 kilomètres carrés, avec une zone économique exclusive de 320 000 kilomètres carrés. Nous disposons ainsi de zones économiques maritimes importantes et stratégiques dans l'océan Indien.
Nos îles possèdent un potentiel unique au monde, et le développement du tourisme est un levier déterminant pour nos économies. C'est un secteur clé pour notre région, et nous devons renforcer davantage la promotion des îles Vanille pour créer un réseau solide entre nos îles et faciliter les échanges. Dans cette perspective, le renforcement de la liaison et la sécurisation maritime entre nos îles sont primordiaux.
Ces améliorations faciliteront le transport des biens et des personnes. Nos échanges économiques dépendent de la fluidité de nos liens. La mer est notre route, notre connexion, et les réseaux maritimes seront la colonne vertébrale de notre développement régional.
Cependant, il ne peut y avoir d'industrialisation sans une production d'énergie accessible, durable et abordable. C'est pourquoi la transition énergétique doit être une priorité. À Madagascar, nous avons pris des mesures concrètes pour accélérer cette transition.
Des parcs solaires de 50 mégawatts sont en cours d'installation dans les grandes villes de Madagascar, et 250 mégawatts supplémentaires seront ajoutés l'année prochaine. Nous lançons également des projets hydroélectriques qui vont tripler notre capacité de production, réduisant ainsi le coût de production d'énergie de 25 centimes à 7 centimes d'euros le kilowattheure. Ces initiatives visent à soutenir notre ambition d'industrialiser Madagascar.
Mesdames et Messieurs, notre ambition est d'améliorer les échanges commerciaux en renforçant la coopération entre les États. Votre rôle en tant que secteur privé est déterminant pour atteindre nos objectifs communs. L'intégration régionale est essentielle pour renforcer la croissance économique et réduire notre dépendance à l'égard des pays éloignés. Ce sommet marque un nouveau chapitre de coopération régionale fondé sur une vision partagée et des ambitions concrètes.
Madagascar, en tant que secrétaire général de la COI et président entrant de la SADC, croit fermement en la force de la coopération régionale. Le développement industriel ne peut être limité à nos propres frontières, mais doit s'inscrire dans une approche régionale coordonnée. C'est pourquoi j'en appelle à l'engagement de chacun pour œuvrer ensemble à la transformation industrielle et à l'autonomisation de notre belle région de l'océan Indien.
Mesdames et Messieurs, c'est ensemble et main dans la main que nous allons construire et développer une région plus forte, plus solidaire et plus résiliente. En unissant nos forces et en exploitant nos synergies, nous créerons une véritable autonomie régionale et continentale. Ensemble, réalisons notre vision partagée du développement durable et faisons de l'océan Indien un exemple de prospérité pour les générations futures.